Sidaction 2013

Contre le sida, ne crions pas victoire trop vite

Glossaire

Anticorps

Protéine du système immunitaire produite par les lymphocytes B. Un anticorps reconnaît de façon spécifique un antigène donné pour le neutraliser et participer à sa dégradation. Il est produit en forte quantité lorsque l’antigène est détecté par le système immunitaire. La présence d’anticorps anti-VIH dans le sang signifie une infection par le VIH. On dit que la personne est séropositive (voir séroconversion).

 

Antigène

Substance d’origine biologique (protéine bactérienne, virale, etc.) ou synthétique, reconnue par le système immunitaire comme étranger à l’organisme et qui provoque une réponse immunitaire spécifique.

 

Antigène p24

Protéine constituante du VIH. Le taux d’antigènes p24 dans le sang est utilisé comme marqueur direct de la multiplication du virus dans les cellules infectées. L’antigène p24, révélé par un test spécifique, permet un dépistage précoce de l’infection, mais sa présence dans le sang n’est que transitoire (détectable vers le 12e-14e jour après la contamination et jusqu’au 24e jour environ, avant sa réapparition dans les phases tardives de l’infection). Les tests de dépistages combinés (ELISA de 4e génération) permettent sa détection.

 

ARV (antirétroviral)

Médicament indiqué pour traiter l’infectionà VIH, en inhibant, par exemple, satranscriptase inverse ou sa protéase. LesARV réduisent la réplication du virus, limitantla destruction du système immunitaire. En général, un seul ARVne suffit pas et il faut les associer en multithérapies(on parle parfois de HAART(Highly Active Antiretroviral Therapy)pour « traitement antirétroviral hautementactif » ou de cART (combined ART),qui ont pour objectif de rendre indétectablela charge virale (quantité de virus parml de sang). L’obtention et le maintien decette CV indétectable et d’un taux CD4dans le sang suffisamment élevé sont desindicateurs d’efficacité de ce traitement.Il existe plusieurs classes thérapeutiques.

 

Candidat vaccin

Outil développé en laboratoire dont l’efficacité et la sécurité sont à évaluer par des essais cliniques chez l’homme. L’objectif est d’obtenir une réaction du système immunitaire lors de l’injection du vaccin, qui soit gardée en mémoire et soit efficace en cas d’exposition à l’agent infectieux. Dans le cas de l’infection par le VIH, certains sont des candidats de vaccin préventif (destiné à empêcher la contamination en cas d’exposition) ou thérapeutique (destiné à ralentir la progression de l’infection et à empêcher l’entrée en phase sida).

 

CDAG

Les CDAG, Consultations de dépistage anonyme et gratuit, créées en 1988 en vue d’offrir dans chaque département au moins une structure d’accueil, d’information, de dépistage du VIH et d’orientation, sont financées par l’Assurance-maladie ou via la dotation nationale de financement des missions d’intérêt général pour les consultations hospitalières. Elles participent à la lutte contre d’autres infections transmissibles, notamment les hépatites.

 

CD4 (nombre de)

Le nombre de lymphocytes CD4 par mm3 de sang caractérise l’état immunitaire de la personne. C’est l’une des deux mesures clés pour suivre l’évolution de l’infection et mesurer l’efficacité des traitements (conjointement à la mesure de la charge virale). Les lymphocytes CD4 (ou « CD4 », « T CD4 » ou encore « T4 ») jouent un rôle clé dans la protection contre les infections par le système immunitaire (en quelque sorte, celui de « chef d’orchestre »). CD4 est le nom d’une protéine de surface caractéristique de ces cellules, utilisée par le VIH pour y pénétrer. Les lymphocytes CD4 sont la cible principale du VIH.

Charge virale

Dosage de la quantité de particules virales dans un échantillon de sang (en nombre de copies d’ARN viral/ml) par des techniques de biologie moléculaire. La mesure de la charge virale VIH permet d’évaluer l’efficacité du traitement ARV conjointement avec le dosage des lymphocytes CD4. On distingue notamment les charges virales sanguines, génitales et rectales, pas nécessairement identiques mais fortement corrélées.

 

Charge virale indétectable

La charge virale est indétectable lorsque le VIH est en trop faible quantité pour être détecté par les tests couramment utilisés (moins de 50 copies/ml de sang). Obtenir une charge virale indétectable est l’objectif des traitements ARV.

 

Classes thérapeutiques

Chaque classe thérapeutique d’antirétroviraux anti-VIH se défi nit par son mode d’action : inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse (INTI), inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse (INNTI), inhibiteurs de la protéase (IP), inhibiteurs de fusion du virus avec la cellule (IF),inhibiteur de l’intégrase (IIn),inhibiteurs d’entrée qui comprennent les inhibiteurs de fusion (IF) et les inhibiteurs du corécepteur CCR5.

 

Coïnfections et pathologies associées

L’infection par le VIH peut être accompagnée ou suivie d’une infection par un autre agent pathogène. Les plus fréquentes sont les coïnfections avec les hépatites virales (B et C) et la tuberculose, qui doivent être prises en compte dans le choix des traitements.

 

Dépistage et diagnostic

Le dépistage est la recherche d’un agent infectieux ou de symptômes liés à une maladie chez les individus d’une population donnée. Dans le cas du VIH, les tests de dépistage qui reposent sur la technique ELISA dite « combinée », permettent la détection des anticorps anti-VIH-1 et anti-VIH-2, et de l’antigène p24. Un résultat négatif de l’analyse de dépistage signe l’absence d’infection par le VIH, sauf dans le cas d’une exposition supposée au VIH datant de moins de six semaines. Si le résultat est positif, un test diagnostic (le Western Blot) doit obligatoirement confirmer que les anticorps détectés sont bien spécifiques à une infection par le VIH.

 

Échec thérapeutique

Situation dans laquelle se trouve un patient dont le traitement est devenu inefficace. Dans l’infection à VIH, suivant les cas, l’échec peut être virologique si la charge virale augmente, immunologique si le nombre des CD4 diminue, clinique si des infections opportunistes apparaissent, l’un n’excluant pas les autres.

 

Endémie, épidémie, pandémie

Endémie : présence persistante ou récurrente dans une région d’une infection en particulier, frappant une grande partie de la population. On parle de pays, de régions, de zones à faible ou forte endémie.

Épidémie : développement rapide d’une infection chez un grand nombre de personnes de la même région sur une période donnée. On parle de l’épidémie de l’infection par le VIH de telle ou telle région ou de tel ou tel pays. En ce qui concerne le VIH, l’Onusida distingue plusieurs situations, selon des critères précis :

  • Épidémie de bas niveau : prévalence nationale inférieure à 1 %, ne dépassant 5 % dans aucun groupe de population.
  • Épidémie concentrée : prévalence supérieure à 5 % dans au moins un groupe de population, mais inférieure à 1 % chez les femmes enceintes dans les zones urbaines.
  • Épidémie généralisée : épidémie dans la population générale, entretenue indépendamment des groupes de population, prévalence supérieure à 1 % chez les femmes enceintes.

Pandémie : endémie ou épidémie qui s’étend largement dans le monde.

 

Essais cliniques

Études d’évaluation d’un nouveau traitement préventif ou thérapeutique chez l’homme par comparaison avec un traitement classique de référence ou avec un placebo. Ils comprennent quatre phases : premières administrations chez l’homme (après les études sur l’animal), tolérance et toxicité à différentes doses (phase I) ; sur un petit nombre de patients, efficacité thérapeutique et détermination des doses optimales (phase II) ; sur un grand nombre de patients, effet thérapeutique et effets indésirables à moyen terme pour une éventuelle autorisation de mise sur le marché (AMM) (phase III) ; après l’AMM, pharmacovigilance avec conditions de prescription (phase IV).

 

Événement classant (ou non classant) sida

Liste de pathologies ou symptômes utilisés pour la définition clinique de l’évolution du sida (maladies opportunistes. Est dit « non classant » un événement n’appartenant pas à cette liste.

 

Immunodépression

Altération qualitative et quantitative du système immunitaire favorisant la survenue de maladies opportunistes. Non traitée, l’infection par le VIH entraîne progressivement une immunodépression concernant non seulement une diminution du nombre des lymphocytes CD4, mais aussi plus généralement un dysfonctionnement du système immunitaire qui ne remplit plus efficacement ses fonctions.

Incidence du VIH

Estimation, par un travail de recherche, du nombre de nouveaux cas d’infection par le VIH apparus au sein d’une population pendant une période donnée (en général une année). À ne pas confondre avec le nombre de personnes nouvellement diagnostiquées séropositives pour le VIH (la contamination peut avoir eu lieu plusieurs années avant la découverte de cette séropositivité). À ne pas confondre avec prévalence.

 

Lignes (1re, 2e et 3e)

La 1re ligne de traitement est la première combinaison prescrite à une personne qui n’a jamais pris d’ARV (dite « naïve »). En cas de mauvaise observance, ayant permis l’apparition de résistances, ou en cas de problèmes de tolérance du médicament par le patient, il faut parfois changer de stratégie thérapeutique : c’est la 2e ligne, qui doit comporter autant de molécules efficaces que possible. Dans de nombreux pays du Sud, l’accès aux médicaments de 2e et de 3e ligne est insuffisant. Le rendre possible est une priorité.

 

Maladies opportunistes

Infections et tumeurs qui se manifestent uniquement chez les personnes dont les défenses immunitaires sont affaiblies. On compte notamment au cours de l’infection par le VIH : toxoplasmose, pneumocystose, cryptococcose, infection à CMV (cytomégalovirus), sarcome de Kaposi, infections à mycobactéries certaines mycoses, etc. L’apparition d’une maladie opportuniste marque l’entrée dans le stade sida (« événement classant »).

 

Observance (ou adhésion)

Prise rigoureuse des médicaments suivant précisément les prescriptions. Elle prévient l’apparition de résistances et conditionne le succès de la prise en charge thérapeutique. Il existe des consultations spécifiques pour l’améliorer.

 

Prévalence du VIH

Nombre de personnes vivant avec le VIH à un moment précis et dans une population donnée, sans distinction entre celles contaminées depuis plusieurs années et celles nouvellement infectées. À ne pas confondre avec incidence.

 

Prep (prophylaxie préexposition)

Outil de prévention consistant en une association d’antirétroviraux choisis pour leurs faibles effets secondaires à court terme, à prendre par voie orale avant une exposition potentielle au VIH, et ce pour réduire (sans doute partiellement) le risque de contamination. Son utilisation est en cours d’étude dans les populations à haut risque, comme solution alternative lors de rapports sexuels non protégés.

 

Primo-infection

Phase précoce de l’infection par le VIH. Les signes cliniques peuvent débuter vers le 15e jour après la contamination : fièvre, céphalées, asthénie, éruption cutanée, ulcérations des muqueuses buccales ou génitales, adénopathies multiples, diarrhées et candidose orales. Ils sont cependant non spécifiques au VIH et n’apparaissent que chez la moitié des personnes infectées. Les anticorps anti-VIH n’étant pas alors détectables (voir séroconversion), c’est l’antigène p24 ou charge virale dans certains qui est utilisé pour dépister la primo infection. Selon les définitions, la durée est de deux à huit semaines suivant la contamination.

Attention : en raison d’une quantité de virus dans le sang et dans les sécrétions sexuelles et d’une charge virale souvent extrêmement élevée, la primo-infection joue un rôle très important dans la dynamique de l’épidémie. Dans certaines populations à forte prévalence, elle peut être à l’origine de la moitié des nouvelles contaminations.

 

Réservoirs du VIH (éradication des)

Il existe des réservoirs de VIH inactifs « archivés » au sein de certaines cellules infectées (notamment des lymphocytes CD4 dits « mémoires »). Le virus est ainsi à l’abri des traitements et des défenses naturelles qui pourraient l’éliminer. Ces réservoirs libèrent de faibles quantités de virus, qui, en cas d’arrêt du traitement, recommencent à se répliquer très rapidement. Les réservoirs constituent un obstacle majeur à l’éradication du virus de l’organisme et à la guérison de l’infection par le VIH.

 

Résistance aux médicaments

Phénomène par lequel un agent pathogène survit et échappe à l’action de certains médicaments, alors que ceux-ci devraient normalement les détruire ou empêcher leur multiplication. Dans le cas du VIH, la résistance à certains antirétroviraux est due à l’apparition de mutations sélectionnées lors d’une multiplication virale résiduelle liée à une mauvaise observance. Un médicament anti-VIH a une « faible barrière génétique » s’il suffit de peu de variations génétiques (mutations) pour que le VIH résiste à ses effets.

 

Séroconversion

Phase d’une infection lors de laquelle les anticorps spécifiques à l’agent pathogène apparaissent progressivement dans le sang suite à la contamination. Elle est de durée variable selon les infections. Dans le cas du VIH, les anticorps commencent à apparaître autour de trois semaines après la contamination. Un dépistage est cependant possible auparavant en faisant une recherche de l’antigène p24 (voire de l’ARN-VIH).

 

Sérodifférent (couple)

Couple composé d’une personne séronégative et d’une personne séropositive. On préfère ce terme à sérodiscordant, qui introduit une connotation négative.

 

TasP (Treatment as prevention)

Les données bien établies sur la réduction du risque de transmission pour les personnes sous traitement (en raison de la réduction de la quantité de virus circulant dans l’organisme ou charge virale), leur usage pour la prévention de la transmission materno- foetale  (PTME) au cours de la grossesse ou en traitement postexposition (TPE) conduisent à envisager une place nouvelle pour les traitements dans la prévention. Le TasP concerne des personnes séropositives et suivies. Il s’inscrit notamment dans les stratégies de prévention « positive », qui visent à prendre en compte la situation et les besoins différents des personnes vivant avec le VIH et de réduire leur angoisse de transmettre le virus. Mais aussi dans les approches de « test and treat » discutées actuellement, qui visent à associer dépistage étendu et traitement pour combiner le bénéfice individuel (amélioration de la santé)

avec le bénéfice collectif apporté par la diminution des risques de transmission.

 

TPE (traitement préventif postexposition, ou « traitement d’urgence »)

Utilisé en cas d’accident d’exposition au VIH soit par le sang (AES), soit lors d’un rapport sexuel (absence d’utilisation, rupture ou glissement de préservatif), le TPE vise à réduire le risque de contamination par le VIH. En cas d’AES, il faut se rendre aux urgences sans attendre afin d’évaluer le risque avec un médecin. Un appel préalable à Sida Info Service (0 800 840 800) permet de vérifier l’adresse du service le plus proche et, éventuellement, de lever les doutes sur la réalité du risque. Le TPE, combinaison de trois ARV pendant quatre semaines, doit être débuté le plus tôt possible, si possible dans les 4 heures (au plus tard dans les 48 heures) suivant l’accident.

 

Tolérance

Capacité du patient à supporter sans effets indésirables graves l’administration des médicaments. La tolérance des ARV s’est grandement améliorée et permet dans la majorité des cas le maintien d’une bonne qualité de vie des personnes vivant avec le VIH.

 

 

VIH (virus de l’immunodéficience humaine)

Rétrovirus (virus à ARN) présentant une grande variabilité génétique, appartenant à la famille des lentivirus. Ses cellules cibles sont principalement les lymphocytes CD4, chefs d’orchestres de notre système immunitaire. Il entraîne une infection chronique pouvant aboutir, en l’absence de traitement ARV, à une immunodépression caractérisée baptisée « sida ». Il en existe deux types de VIH : le VIH-1 et le VIH-2, qui se divisent eux-mêmes en groupes et sous-groupes.